Les hologrammes, de la fiction à la réalité ?

L’empereur Palpatine dans la saga « Star Wars », Superman dans la forteresse de Solitude, nombreux sont les films qui ont nourri le fantasme de l’apparition visuelle d’un individu X ou Y sans présence corporelle. Sauf qu’avancement technologique oblige, les hologrammes ne sont plus uniquement ces fantasmes qui peuplaient nos rêves d’enfants. Les prémices sont déjà là, quand la réalité entend rattraper la fiction. Un hologramme peut aujourd’hui servir à tout, des concerts à la publicité.

Qu’est-ce qu’un hologramme ?

Qu'est ce qu'un hologramme ?

Hologrammes, Extrait de Avec l’holographie, les images prennent du relief – Institut Galilée, 2009

Le principe de l’holographie a été découvert par Dennis Gabor en 1948. Un hologramme est une réelle image 3D (captation de l’objet à 360°), bien qu’enregistrée sur un film photographique, qui n’a que 2 dimensions. C’est un procédé d’enregistrement permettant de restituer une image 2 dimensions (2D) en 3 dimensions (3D). L’image change en fonction de l’angle d’observation, exactement comme lorsqu’on regarde un véritable objet en 3D.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Pour fabriquer un hologramme, il faut un film photographique, un objet à holographier (et non pas à photographier), un laser de faisceau large, ainsi qu’un miroir semi-réfléchissant. La lumière que les hologrammes renvoient est celle que l’objet éclairé par le laser émettait. Un hologramme est comme une fenêtre sur un objet ou une personne.

Schéma d'un hologramme

Romain, Netdoor, Les hologrammes 3D, 2011

L’hologramme est le fruit de l’interférence de deux faisceaux laser. L’un, envoyé sur une plaque photographique et l’autre, sur l’objet à holographier. Cette interférence engendre l’impression d’une image 3D sur une plaque photographique. Lorsque l’on photographie un objet de façon classique, on enregistre sur une plaque sensible (sorte de pellicule photo) la luminosité des différents points de cet objet. Autrement dit, seule l’intensité de la lumière réfléchie par l’objet photographié est prise en compte. L’objet à holographier, éclairé par le faisceau laser, va réfléchir la lumière. Une partie de cette lumière réfléchie arrive directement sur le film photographique ; l’autre partie, passant par un miroir semi-réfléchissant, permet de produire une image 3D qui s’imprime sur le film photographique.

Comment créer un hologramme ?

Il existe deux types d’hologrammes : les hologrammes par réflexion et les hologrammes par transmission.

Les hologrammes par réflexion

Hologrammes par réflexion, Extrait de Avec l’holographie, les images prennent du relief – Institut Galilée,2009

Les hologrammes par réflexion sont les plus courants et les plus utilisés car ils sont observables avec de la lumière blanche, comme celle du jour ou d’une lampe par exemple. Ils sont enregistrés lorsque le « faisceau de l’objet » et le « faisceau de référence » sont projetés sur les deux côtés du film photographique.

Les hologrammes en transmisson

Hologrammes en transmission, Extrait de Avec l’holographie, les images prennent du relief – Institut Galilée,2009

Les hologrammes en transmission, quant à eux, sont plus rares car on ne peut les observer qu’à l’aide d’une lumière laser. Pour l’enregistrement, « le faisceau de référence » et « le faisceau de l’objet » sont projetés cette fois sur le même côté du film photographique. Chaque partie de l’hologramme contient l’image de l’objet entier.

Technologie trop coûteuse, difficile à mettre en œuvre, processus longuet… Autant de raisons qui font qu’aujourd’hui l’holographie se fait rare et non-abordable par le grand public. Cependant, avec l’apparition de l’holographie numérique, les hologrammes commencent à faire parler d’eux.

Lewis Hamilton, pilote automobile britannique, a par exemple “rejoint” son propre hologramme à l’occasion d’un lancement marketing de Reebok.

Néanmoins, la majeure partie du temps, ces hologrammes n’en sont pas véritablement. Il s’agit de trucages. En effet, grâce (ou à cause) de La guerre des étoiles, film réalisé par Georges Lucas en 1999, nous associons le terme “hologramme” à toutes projections humaines effectuées en 3D. Il devient alors difficile de savoir si certaines projections sont ou ne sont pas, de véritables hologrammes.

Dans quel contexte sont-ils le plus couramment utilisés ?

Les hologrammes sont souvent utilisés dans les films de science-fiction.

Interfaces d'affichage

Georges Lucas, Star Wars, 1999

 

 Dans La guerre des étoiles par exemple, ce sont le plus souvent des formes humaines qui rendent présent le personnage qu’elles représentent. Ce sont donc essentiellement des interfaces d’affichage, mais avec lesquelles une interaction est quand même possible notamment par la parole.

Interfaces de commande ou d'interaction

James Cameron, Avatar, 2009

 

Dans Avatar, les hologrammes servent à afficher des informations. Ce sont donc aussi bien des interfaces d’affichage que des interfaces de commande ou d’interaction. Ils remplacent alors les écrans d’affichages et les interfaces de commande (clavier, souris…).

Les hologrammes en entreprise

Société DVE ((Digital Video Enterprises) , Télé-présence holographique, 2011

Souvent, hologramme et procédé du Pepper’s Ghost sont confondus, alors qu’il s’agit de deux techniques différentes. Ainsi, on parle d’hologramme dans le milieu du business et de la collaboration, alors qu’il s’agit d’un mélange entre Pepper’s Ghost et image de synthèse en trois dimensions. La société DVE (Digital Video Enterprises), par exemple, essaie de développer l’usage des “hologrammes” pour les visioconférences afin de voir et manipuler des objets 3D. Loin d’être une idée désintéressée, “l’hologramme” est également un business lucratif.

Birmingham Airport welcomes 'virtual assistant'

Tensatour, Birmingham Airport welcomes ‘virtual assistant’, 2011

Les compagnies aériennes, trouvent, elles aussi, l’utilité des hologrammes afin de guider leurs clients plus facilement dans l’aéroport. Tensatour, société américaine, n’en est pas à son premier coup d’essai. En effet, elle équipe actuellement plusieurs aéroports en “hologrammes d’accueil” expliquant aux voyageurs les contraintes de sécurité.

Hologramme dans un Clip

Will I Am, #That Power, 2013

L’une des applications les plus célèbres concerne l’aparition en concert de chanteurs défunts ou tout simplement « absent » le jour de la représentation. « Justin Bieber » a ainsi participé au clip de « Will I Am » #That Power alors qu’il n’était pas sensiblement présent.

Hatsune Miku

Hatsune Miku, Vocaloid, 2013

Outre ces projections de star, l’utilisation de cet artifice semble aussi prendre le chemin de la substitution pour créer des performances interactives. En 2011 les “hologrammes” apparaissent lors de concerts tels que celui de « Hatsune Miku », créature japonaise fictive de 16 ans. Des foules se déplacent pour voir les concerts de la vedette ” Holographique ” aux longs cheveux bleus.

 

HIGH-TECH, TF1, 2009

TF1, High-Tech, 2009

TF1 a également interviewé un hologramme à la suite d’un reportage sur l’holographie en 2009. Il s’agit, ici, d’un “pepper’s ghost numérique” (le Pepper’s ghost, est un procédé d’apparition de fantômes utilisant un miroir sans tain incliné à 45°).

HolograFX

Goliath, HolograFX, 2013

Enfin, cette année est commercialisé un jeu de société nommé “HolograFX” édité par Goliath mettant, pour la première fois, en scène des hologrammes. En effet, le but de ce jeu est de créer vous-même votre propre hologramme : une aventure interactive et ludique.

 

L’holographie, telle que la science-fiction la représente, n’est toujours pas abordable pour le commun des mortels. Mais de plus en plus d’hologrammes apparaissent. Malgré l’écart entre l’holographie de Dennis Gabor et ces tentatives souvent dérivées dont nous avons connaissances, elles n’en restent pas moins de l’holographie. En ce qui concerne la 3D relief, par exemple, nous pouvons relever une petite dizaine de procédés différents. Ces procédés sont tous destinés à créer ce rendu 3D tant apprécié dans les salles de cinéma, sur nos téléviseurs, sur scène ou encore sur nos écrans d’ordinateur. L’holographie n’est donc pas réellement une technique ou une technologie mais plutôt un concept que tous essaient d’appréhender : représenter une image 3D dans l’espace réel. Dennis Gabor a finalement découvert le premier moyen d’y parvenir mais comme toutes technologies, sa solution a des limites. D’autres ont alors imaginé de nouvelles conceptions pour créer des hologrammes. Nous pouvons donc nous demander qui trouvera la technologie/solution nous permettant, nous – grand public, d’utiliser l’holographie ?

 

 

Angélique Vantroyen, Ophélie Strugala et Jérémie Belleville.